Je fais le rêve, celui de revoir mon frère et qu'il soit encore là, parmi nous.
Mais ce n'est qu'un rêve, un souhait. Il m'arrive de rêver et il est là, nous parlons. Tout a l'air si réel, comme avant.
Pour donner une réalité à ce rêve et faire durer sa vie, pour aussi donner un sens à ma vie sans lui, j'ai décidé d'ouvrir ce blog, au nom de mon frère...
Depuis son départ, j'ai écrit des textes, des poèmes que de temps à autre, je mets en ligne.
"A l'heure où les esprits s'apaisentles corps étendus inertes s'abandonnent au repos, sommeil réparateur des journées agitées, ma tête elle, s'emplie de mots et de phrases.
Ils défilent, se déversent et se répandent si vite qu'il m'est difficile de les retenir et de m'en souvenir. Comme s'ils ne voulaient pas être retenus, comme s'ils voulaient que rien ne soit maintenu, ne soit su, ni ne soit connu.
Le sommeil ne vient pas mais les mots eux viennent sans appel, sans effort ni recherche, ils s'inscrivent sur des feuilles invisibles, celles de mon imagination, celles de la pensée. Dans la nuit, ils phosphorent mon esprit, ils représentent la vie passée, la vie achevée, sa vie et la vérité que tous ces mots me demandent de raconter.
Les phrases s’alignent si clairement, si distinctement qu’il me semble que je pourrais les effleurer dans la nuit, elles flottent avec tant de réalité que tout semble authentique, écrites d'une fine et imperceptible plume, si délicate pour ne pas froisser les feuilles qui doivent à leur tour pouvoir s'envoler, pour ensuite tout emporter.
Les mots s’assemblent et forment les lignes d'un texte irréel et authentique à la fois.
Ils écrivent une histoire tendre et brutale à la fois.
Ils s'assemblent et récrivent le récit d'une vie, le récit de sa vie...
Au matin, je me suis installée devant une page et j’ai commencé à écrire, les mots m’ont guidé et se sont laissés inscrire. Ils sont venus librement me permettant de conter les évènements heureux et bouleversants qui ont constitué "sa vie."
Je raconte mon frère, décédé en mars 2000, il aurait eu 34 ans le 27 mai suivant, il est parti trop tôt, si jeune et plein de vie.
Son départ me prive de sa présence, me prive de lui.
Après avoir commencé le livre de sa vie, j'ai pensé mettre en ligne plusieurs chapitres.
Certains passages me font tant de mal que j'ai encore des difficultés à les relire et décider de les "publier".
L'enfance de Patrick a été attristée car pontuée d'abondons, ces abandons qui l'ont marqués et blessés.
Privé d'amour et de tendresse d'une mère partie sans se retournée, absence et ignorance d'un père trop occupé à aimer les enfants des autres...
Manque de gentillesse d'une grand-mère qui le maltraite...
Manque de courage d'un grand-père qui ne lui vient pas en aide...
Un enfant doux qui ne recherchait que l'amour des siens, et qui ne trouve rien d'autre que mensonge, lacheté, trahison, méchanceté, punition et ... abandon.
Vous croyez lire l'histoire de Jules Renard "Poil de carotte", vous n'en êtes pas si loin car à Patrick non plus rien n'a été épargné.
Il n'en est pas mort, certes, il a grandi et est devenu un homme.
Ce qui l'a tué est autre chose, un accident incroyable en notre siècle et sur Paris.
Arrêt respiratoire, retard des urgences et la fin sans pouvoir dire : au revoir, je t'aime...
Ce "site/blog" permettra à celles et ceux qui ne l'ont pas connu de le découvrir, et ceux qui l'ont connu de le voir vivre encore à travers ses textes et ces photos.
Celles et ceux qui le souhaitent peuvent m'écrire et raconter mon frère, tel qu'ils l'ont connu.
Quant à moi, ce blog m'accompagne dans mon deuil, mes textes livrent son histoire et me permettent d'avancer dans ce travail difficile et douloureux que l'on connait lorsqu'on a perdu un être cher.
Ce site lui survivra et le fera connaitre, c'est lui et c'est son histoire.
Musique et que chacun se mette à rêver... (le 07/10/2009 à 10h49)
Musique... comme beaucoup d'enfants nous avons été initié à la musique au collège. Les grands classiques ont accompagné nos heures mélomanes durant lesquelles nous jouions à reproduire les partitions à la flute dans notre chambre. la Vème de Beethoven dont les notes inscrites sur notre livre de musique n'avaient plus de secret pour nous, "et nos âmes sont les cordes où ton archet passera. Que ton rythme nous emporte ..."
Nous chantions aussi aux cours de Mle Roman, notre professeur de musique. Brel, Brassens et d'autres dont le répertoire nous était devenu familier"Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, Tu vois je n'ai pas oublié...".
Ces débuts musicaux auraient-ils eu une influence durable sur nos aspirations musicales ?
Enfants, nous avons reçu en cadeau un petit poste de radio et un magnétophone, pour notre plus grand bonheur, nous pouvions écouter nos vedettes préférées et les grands tubes qui ont accompagnés notre jeunesse. Dès que nous avions un moment, nous écoutions RTL qui alors passait toutes les chansons que nous aimions, ceux de la fin des années 1970 et début 1980...
France Gale, Michel Berger, Sheila, Police, Bashung, Boney M, Abba, Kool and the Gang, Diana Ross, les Bee Gees, Kate Busch, Gainsbourg... Tous ceux qui nous ont fait chanter, danser et rêver durant ces années là... "tout pour la musique" car, la pire des punitions était de nous faire confisquer notre précieux matériel.
Les tubes anglais nous plaisaient encore plus, et nous suivions de très près leur passage à la radio pour les enregistrer sur notre magnétophone et ensuite les passer en boucle pour décrypter les paroles et les apprendre par coeur (bon exercice d'anglais d'ailleurs...).
La musique est restée un univers dans lequel nous nous retrouvions, ces instants de pleinitude, d'inspiration et d'évasion. Il y a toujours eu un air qui faisait vibrer nos murs, et adultes l'un et l'autre avons toujours eu nos coups de coeur. Chaque fois que je me rendais à Paris ou à Clichy voir mon frère, il restaurait de vieux meubles ou vieux objets dénichés lors des encombrants, sur un fond de musique. Nos gouts se ressemblent, les bons vieux tubes des années 1980 et aussi Mylène Farmer dont mon frère était totalement fan.
Depuis longtemps, je voulais que son blog soit accompagné de musique et c'est fait depuis quelques temps, j'ai trouvé une mélodie qui s'associe à ce que je laisse ici en témoignage de sa vie. Sur ce site j'ai également rencontré des compositeurs qui font partager leur talent.
Ces amis musiciens sont nombreux et accompagnent en quelque sorte mon frère, par l'au delà en notes musique éclectiques en rythmant les saisons, et les dispositions affectives et état d'esprit que nous avons tour à tour et au fil des jours. Ces compositeurs viennent aussi lui rendre visite sur son blog et j'ai promis en retour à tous de parler d'eux et les présenter. A votre tour rencontrez nos amis sur jamendo ou cliquez directement sur la pochette de l'album pour vous rendre sur la page du musicien
(je changerai et ajouterai régulièrement les pochettes pour les présenter tous ou bien rdv sur : http://www.jamendo.com/f)
Maintenant, vous rendez visite à Ludwig Patrick en musique...
Ne faites rien, la musique démarre automatiquement, les morceaux s'enchainent, vous n'avez plus qu'à vous laissez bercer par cette douce mélodie, fermez les yeux et rêvez...
(si vous aimez, rendez-vous sur le site Jamendo...)
" target="_self">site Jamendo Titre la plume sans elle
Le "Jardin des souvenirs", ainsi nommé cet Eden que je t'ai dédié. Il refleuri chaque année, et différent à chaque instant, surtout au Printemps.
C'est prenant ce chemin bordés d'arbres, le sentier détourné tel celui des écoliers, qu'on entre dans le "Jardin des souvenirs ".
De l'autre côté ce sont les grands iris bleus qui accompagnent la promenade et me guident jusqu'à toi.
Je viens te rejoindre sur le banc, et contemple chaque fleur, chaque parcelle de ce lieu qui invite à la méditation. Les insectes viennent y butiner, les chats s'y reposent et mes chiens qui semblent te veiller, gardiens d'une paix méritée. Cet endroit invite au repos, il inspire la sérénité.
L'hellébore, toujours ponctuelle en hiver et encore présente beaux jours, nous fait patienter en attendant le retour du printemps, et là les narcisses des bois sont les premiers avec les muscaris à apporter une touche de couleurs et reprendre vie. Viennent ensuite, les tulipes et le coeur de Marie, puis les bleuets et le grand pavot d'orien.
Sur l'arcade, c'est la clématite qui de son berceau délicatement parfumé invite à entrer, elle commence à enlacer l'acacia juste au dessus qui parfume d'une effluve suave et sucrée, il est alors colonisé par les abeilles qui dans leur tourbillon apportent une jolie touche de musique. Les papillons dansent jusqu’à l’été sur les corollesqui se succèdent jour après jour.
A l’ombre du tilleul, le nepeta invite au repos les chats qui s'y roulent avec nonchalance. Le bel hortensia investi à son tour le massif, ses grosses fleurs roses invitent à la contemplation durant tout l’été, lui aussi est au rendez vous et ne manque pas une saison.
Ces instants sont offerts à la nostalie des souvenirs, et ponctués de sourires en pensant à notre enfance.
Je consacre du temps à préserver ce petit paradis, pour toi, il me rapproche de toi même si tu n'es plus là.
Les amis qui nous rendent visite savent que j'aime fleurir et choyer le Jardin des souvenirs, Nadine a eu une pensée pour toi en apportant un petit cyclamen qui chaque année pointe son nez... Des fleurs, pour toi que tous apportent avec joie.
Le jour de tes obsèques aussi, les fleurs t'accompagnaient. Annie et aussi tes amis, tes collègues, mes amis et collègues avaient eu cette délicatesse du coeur et un geste d'amour ou d'amitié.
Merci à tous d’avoir pensé, de penser à Ludwig-Patrick, et merci de votre visite au
Patrick Ludwig aimait l'art, la sculpture, la musique, la comédie et il a posé pour quelques revues de mode (celle-ci est extraite de son book).
Il a joué du saxophone, il dessinait et peignait, et il a joué dans quelques films. Il voulait être acteur, mais métier difficile, il n’a eu que de petits rôles. Un film avec Marlène Joubert (dont j’ai oublié le nom) et COURS PRIVE en 1986. Il a aussi travaillé dans la mode comme mannequin et finalement, c’est en travaillant comme comptable qu’il a gagné sa vie…
Patrick n'aimait pas véritablement son prénom, déjà parce qu'associé à notre nom de famille, les initiales étaient la source de moqueries depuis son enfance et aussi parce mon frère avait l'esprit créatif, orienté vers l'imaginaire, le rêve, les histoires profondes et inspirées de roman ou de grand destin. C'est ainsi que vers l'âge de 20 ans il choisit de se prénommer Ludwig.
(Patrick a 20 ans, et c'est là, la "naissance" de Ludwig !)
Passer du jour au lendemain, de Patrick à Ludwig j’ai eu du mal et plus d’une fois je me suis quelque peu mélanger, or comme il ne faisait pas les choses à moitié, partout où il passait, travaillait, il se prénommait Ludwig… « Arrête de m’appeler Patrick, me disait-il, mon prénom c’est Ludwig ».
Longtemps, je me suis demandé à qui faisait référence ce choix. Ludwig Van Beethoven, le plus grand compositeur à mon avis, et pour quel Patrick portait également un intérêt musical. Non, j’ai appris récemment, grâce à Jean-Marie, un ami proche de mon frère, que le choix de ce pseudo faisait en fait référence à Ludwig Otto Frederik Wilhelm von Wittelsbach (né le 25 août 1845, Nymphenburg, Munich – décédé le 13 juin 1886, lac de Würm, actuellement lac de Starnberg, près de Schloss Berg) et qui fut roi de Bavière de 1864 à 1886 sous le nom de Louis II.
Il est décrit fou pour certains, génial pour d'autres, il apparaît dans l’histoire comme étant protecteur des arts et un bâtisseur de châteaux extraordinaires.
Voilà qui correspond bien à l’idée de grand homme que se faisait mon frère, et je ne suis pas étonné qu’il ait choisi son pseudo à travers l’histoire de ce Louis II de Bavière, Ludwig dans la pure traduction.
Merci à Jean-Marie d’avoir répondu à cette question que mon cachottier de frangin m’a caché tout ce temps, me laissant chercher et me laissant sur une mauvaise piste toutes ces années.
Pour bien des personnes, au travail comme dans son entourage et ses amis, son prénom n’était que Ludwig, il avait même réussi à faire porter ce prénom sur sa carte d’identité. Alors même si c’est Patrick qui est dans mon cœur, il y a bien longtemps que Ludwig y est entré aussi, de toutes manières, ils ne font qu’un !!
En février 1977 mon frère était en CM2 dans la classe de Mr Griffon et cette année là, au retour de Chatel, les classes de neige, tous les élèves ont participé à la rédaction du petit journal de leur séjour. Ce maître d'école avait pour la seconde année eu la bonne idée de cette rédaction collective, ce qui a permis à Annie, camarade de classe de Patrick-Ludwig de retrouver l'existence de ce document et de me faire parvenir la couverture du journal et le texte rédigé par mon frére.
Mes impressions de classe de neige
dix jours après mon arrivée à Châtel
Je suis à Châtel déjà depuis dix jours. Pendant les premiers jours, je m 'ennuyais, mais à présent cela va un peu mieux. J'imaginais n 'avoir classe que le matin, l'après-midi étant consacré au ski, au moins jusqu'à 15 heures. Après la leçon je pensais que nous ferions une promenade dans la neige ce qui aurait été très agréable.Mais , je suis à la fois déçu et content: Déçu car j 'espérais skier davantage.
Mais content aussi car nous faisons souvent , après le ski qui ne dure que deux heures, une promenade dans la neige. C'est vraiment beau toute cette neige blanche, d'un blanc éclatant !
Quelques fois la neige est embarrassante, mais d'autre fois nous sommes bien contents de la trouver pour organiser des jeux.
Ce n'est pas comme à Morangis, où nous n'avons pas de neige pour nous amuser.
J'espère que pendant les dix huit jours qui nous restent à passer à Châtel je m'amuserai autant que je m 'amuse maintenant .
( Patrick-Duvannes.)
1000 fois merci à Annie, de m'avoir envoyé ce texte et de nous faire ainsi partager ses souvenirs de classe en compagnie de mon frère.
12 mars 2000 vers 16h00 mon téléphone sonne. Une voix "vous êtes la sœur de Ludwig Patrick ?" je lui réponds oui, "venez au plus vite, il va mourir...".
Un gouffre s’ouvre, la terre se dérobe sous mes pieds, plus rien qu'un vide... quelques secondes qui paraissent une éternité. "Qui êtes vous ? Mais non Patrick ne va pas mourir" ai-je hurlé.
"Je suis un ami, j'ai eu du mal à vous joindre, il est à l'hôpital St Antoine, il va mourir".
Avec mon mari, nous avons traversé le Loiret, puis l'Essonne pour arriver à l'hôpital si vite que je n'ai rien vu sur le chemin, et nous retrouver devant l'hôpital sans pratiquement m'en rendre compte. Puis, j'ai poussé la porte d'une chambre, il était là, allongé sur son lit, en vie et endormi.
Un médecin est venu, "vous êtes sa sœur ?", "vous savez, il part, et sans la machine il ne serait plus là, il est presque parti, il n'est plus conscient...".
Pourtant la machine renvoie les battements de son cœur et j'entends sa respiration, et puis il est là alors je ne peux croire ce que me dit le médecin.
Je me suis assise auprès de lui et lui ai parlé mais il ne me répondait pas. J'ai pris sa main mais ses doigts n'ont pas serré les miens, il était près de moi mais à la fois si distant et moi à ses côtés incapable de l’aider ?
« Oh Patrick, j’ai été là toutes les fois où tu m’as appelé, et je suis là mais incapable de faire quelque chose pour te ramener ... que dois je faire ? »
Je suis retournée voir le médecin : « il faut faire quelque chose, on doit l’aider, il y a certainement un moyen, une intervention que dois-je faire, je ne veux pas qu’il meure… ».
« Rien, je suis désolé, il n’y a rien à faire. Il part, chaque instant un peu plus… ». Le médecin m’a expliqué son arrêt respiratoire et son arrêt cardiaque, le délai à le réanimer, son cœur est reparti mais il est resté inconscient, son cerveau lui n’est pas reparti.
J’ai donc compris et suis retournée auprès de lui. On dit que les personnes dans un coma profond entendent, je lui ai parlé et dit combien je l'aimais et que je ne voulais pas qu'il parte, je lui ai demandé de s'accrocher et de revenir... Sa respiration et les battements de son cœur résonnaient dans cette chambre sans bruit, mais il n'est pas revenu.
Les deux jours qui ont suivi, je suis restée auprès de lui, pour rien au monde je ne l'aurais laissé mais les heures sont passées trop vite. Il est parti le 14 mars 2000 vers 15h30. Ses obsèques ont eu lieu le 17 mars, jour de sa fête. Je n’y ai même pas pensé en retenant la date, c’est le jour même que j’ai constaté que ce triste jour était aussi le jour de la Saint Patrick.
Le vide qu'il a laissé est là, et il m'a fallu tout ce temps pour arriver à coucher ces quelques mots et le récit de son départ.
Il me faudra, dans quelques temps, écrire l’attitude de notre famille. Mais pour cela il me faut encore un peu de temps. Tout n’est pas accepté et ce passage est encore difficile à écrire.
En mars de cette année, 9 années seront passées sans que nous nous voyons, sans que nous nous parlions Patrick et moi et pourtant, il se ne passe pas une journée sans que je pense à lui et qu’il soit près de moi.
Là, on prend la pose sur ordre du photographe (la grand-mère), qui nous dit "bougez plus et soyez sérieux". Alors nous, on se tient bien droit et on ne bouge plus. Juste un peu envie de rire quand même...
Lorsque tu renaîtras de tes cendres, Je serai là pour t’apprendre, Et je saurai t’écouter... là pour t’aimer.
Ton retour ainsi préparé, Mon départ sera programmé. Je pourrai une nouvelle vie t’enseigner, Et partir ensuite me reposer.
Te ramener à la vie, Mon devoir ainsi accompli Et, te sourire par delà l’éternité. Par amour à jamais reliés.
Irriter les démons qui t’ont séduit, Rester emprisonnée de ta mélancolie, Immuable je saurai te délivrer, Ange déchue pour t’avoir ainsi libéré.
Pour te laisser vivre ton immensité, Je retournerai dans l’abîme de ce passé, Affronter et résister avec force et sacrifice, Pour laisser enfin vivre ce fils.
Sur les drapeaux flotte ma prière… Qu’un jour renaisse mon frère.
Catherine, à mon frère Ludwig Patrick,
"Namo Bouddhaya, Namo Dharmaya, Namo Sanghaya"
La renaissance est un des dogmes fondamentaux du bouddhisme, cette théorie repose sur la croyance en l'immortalité de l'âme qui enchaîne les existences, avant de connaitre un état de plénitude ultime, le Nirvana.
Lettre à ce Cher disparu, qui était aussi toute ma vie. (le 22/01/2007 à 12h18)
Tu n'es plus, et je ne peux plus te regarder, te parler, je ne peux que t'imaginer... te rêver.
Tu es parti si vite que rien ni personne n'a pu ni su te retenir. Il était si tôt que rien ni personne ne pouvait imaginer, qu'ainsi tu allais nous quitter.
Il ne reste que des maux de peine, de douleur, de colère et de regret. Tous ces mots que je ne peux plus te dire et qui me feront pour toujours souffrir. Comment aujourd'hui pouvoir te dire tout ce que tu aurais aimé entendre, tout ce qui n'a jamais été dit et le restera à jamais ? Comme c'est cruel de ne pouvoir te dire à ce moment combien je t'aime et combien tu comptes dans ma vie.
N'avoir jamais su dire des choses aussi simples, aussi belles et aussi douces dont tu avais tant besoin. La douceur d'une femme, celle d'une mère dont tu as tant manquée et dont la grand-mère t'a privée.
J'aurais du être la seule à savoir, à comprendre qui tu étais et ce qu'il te fallait. Mais parler d’amour, donner et recevoir l’amour ne nous a pas été autorisé ni enseigné. C’est en silence que je t’aimais, et à distance que je veillais sur toi, telle une sœur, telle une autre mère. Pour l’Enfant que tu étais, ta mère j’aurais aimé être ma vie durant, la vie ne m’a pas permis de donner la naissance à l’enfant que j’aurais aimé avoir, mais tu étais là et nous étions ensemble.
Aurais-tu imaginé un instant tenir autant de place dans ma vie ? L'aurais-je imaginé moi-même si tu n'étais pas parti ?
Tant de mots qui continueront à résonner, mais ne trouveront plus d'échos, tant de mots qui ne s'entendront plus et qui seront perdus.
Tant de phrases, de sourires, de regards... tant de jeux, de rires, tant d'histoires qui auraient encore du être partagés et que je suis seule maintenant à imaginer.
Alors pour qu'il ne soit pas dérisoire que tu sois parti si tôt ; tu laisses derrière toi une histoire qu'il me faut raconter. J'ai commencé le récit de ta vie, que j'ai partagée aussi puisque tu étais, tu es et sera pour toujours,MON FRERE.
Traditionnelle photo d'école en 1975 à l'Ecole Edouard Herriot à Morangis (Essonne), sages comme des images !
Aujourd'hui 30 juin 2009 Annie, une camarade de classe primaire de mon frère me raconte : "c 'était un super bon copain, je me souviens parfaitement de lui en primaire, où en CM2 nos chemins se sont écartés car j 'ai redoublé....mais je ne l 'ai jamais oublié. Quelques chose que Patrick avait fait pour moi, à son passage en 6éme vu que je redoublais mon CM2, Patrick voulait me donner son dictionnaire, ça m'a beaucoup marqué, une gentillesse déjà si petit c'est plus que touchant. Des années après je n 'ai jamais oublié son geste."
Il n'y a pas un foyer qui n'ait perdu un être cher (le 23/06/2006 à 17h00)
Mon frère est décédé à l'aube de ses 34 ans, il y a maintenant 9 ans et il me manque toujours un peu plus, au fur et à mesure que les jours passent le vide ne se comble pas. Un décès brutal, inattendu qui me prive de sa présence et de notre passé. Avec lui tout s'est arrêté, plus personne avec qui parler de notre enfance, de Morangis où nous avons grandi. Le temps est passé mais la blessure reste, les souvenirs aussi et il faut qu'ils résistent au temps, Lui, ne doit pas tomber dans l'oubli. Les textes incrits à ce blog, feront connaitre sa vie, ses joies et ses peines, la mienne vous l'aurez compris lui survivra.
Je ne suis pas la seule à avoir perdu un être cher, d'autres avant moi ont connu cette épreuve et cette souffrance. On survie à la peine, on fait son deuil, mais on n'oubli pas !
Pour faire connaître sa vie, un article sera consacré à des moments de joie et de peines, tout ce que je ne veux pas voir disparaitre avec son départ.
Merci de nous rendre visite sur ce site.
Catherine
Parce que je ne suis pas la seule à pleurer un frère, je vous prie de lire ce qui suit :
extrait du site [ Je m’appelle Aurore, j’ai 33 ans. Mon cœur s’est brisé le 21 juin 2009, lorsque ma mère m’a appelé à 9h du matin pour m’annoncer le décès tragique de mon petit frère, Matthieu, âgé de 22 ans...]